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Sunday
01
APR

DOC Cinéclub - Orfeu Negro (Camus, 1958)

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Cycle "C'est la teuf!"

Orpheu Negro ouvre les festivités pour la dernière thématique de la saison, « C’est la teuf !».

Réalisé en 1959 par Marcel Camus, réalisateur inconnu à l’époque, le film rencontre un succès international en remportant la Palme d’or au festival de cannes, puis le prix du meilleur film étranger aux Oscars l’année suivante ainsi qu’un Golden globe.

Marcel Camus retranscrit le mythe d’Orphée et d’Eurydice dans des favelas au Brésil, pendant le carnaval magique de Rio. La caméra Technicolor y est éblouissante, portée par une bande musicale iconique de bossa nova et de jazz, le tout sur fond de références mythologiques et de costumes incroyables.

Mais derrière ce tableau enchanté se trame la tragédie grecque d’une histoire d’amour impossible où la pauvreté se déguise le temps d’un carnaval, feignant d’oublier dans la musique, la gaieté et les rires, les inégalités frappantes d’un Brésil à deux vitesses où modernité et tradition coexistent.

Le film est néanmoins très critiqué à sa sortie et soulève bien des controverses, Jean-Luc Godard contestant la victoire du film à Cannes dira dans une critique : « Ce qui me choque, dans ce film d'aventurier, c'est de ne pas trouver d'aventure, ou dans ce film de poète, pas de poésie ».

Au Brésil, le film est mal reçu pour son interprétation occidentale qui dépeint avec un certain exotisme romantique les favelas de Rio. Par contraste, c’est à cette période que le Brésil connait une vague de renouveau artistique avec un cinéma beaucoup plus réaliste et acerbe dans sa représentation des problèmes contemporains de pauvreté et d’inégalités au Brésil.

Le film (peut être) incompris a néanmoins permis de donner une plateforme internationale aux artistes brésiliens en révélant au monde la Bossa Nova d’Antonio Carlos Jobim et de Luiz Bonfá et un casting exclusivement afro brésilien, ce qui à l’époque pour un film à portée internationale, sorti en pleine période de décolonisation, était précurseur.