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Saturday
14
APR

Vernissage de 'Snatch of remember' l'exposition de LouiseLereuil

18:00
21:00
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« Il n’y a d’absence que de l’autre : c’est l’autre qui part, c’est moi qui reste. L’autre est en perpétuel départ, de voyage; il est, par vocation, migrateur, fuyant ; je suis, moi qui aime, par vocation inverse, sédentaire, immobile, à disposition, en attente, tassé sur place, en souffrance. »
Roland Barthes, Fragment d’un discours amoureux

L’errance est une déambulation, c’est-à-dire une marche sans but, hors temps et dans un espace non délimité. L’errant est en quête d’un autre lieu, d’un ailleurs qu’il n’est pas encore capable de situer : une utopie. Mais il existe aussi ce que l’on pourrait nommer une errance immobile, une errance mentale ou une divagation introspective. Le monde de l’errant est un monde sans limites, un monde de tous les possibles, proche de la rêverie ou du fantasme. C’est à ce deuxième type d’errance, sorte de quête identitaire, qu’il convient de se reporter pour comprendre les œuvres de Louise Lereuil, qui font moins référence à un mouvement physique qu’à un cheminement intellectuel.
En prenant sa vie intime comme source d’inspiration, Louise Lereuil se met en quête de ses propres souvenirs. Le temps de l’introspection n’a rien à voir avec la temporalité réelle, mesurable. C’est un temps figé, un temps suspendu. Dans les toiles présentées ici, le mouvement des personnages a déjà eu lieu. Ils sont saisis dans un instant qui dure, dans un non-lieu sourd, figé. Les couleurs pâles, froides et passées renforcent pour le spectateur l’impression d’une réminiscence, d’un souvenir lointain et brumeux. Les personnages sont incomplets, déformés, fantomatiques, errants. La superposition d’éléments rappelle le phénomène de condensation observé dans certains rêves. L’errance est vue ici comme une tentative de contact, une tentative pour entrer en relation avec l’autre. Tentative qui systématiquement avorte. L’artiste elle-même vogue au gré des émotions inconstantes, elle mène une quête sans fin. Pour aller où ?
Par la répétition de certains motifs (coulures, superpositions, visages, etc.) l’ensemble de l’œuvre présente à n’en pas douter un caractère obsessionnel. L’œuvre se lit à la fois comme représentation d’une lutte de tout instant contre l’oubli, l’évanescence, l’incertitude et comme volonté d’immortaliser ce qui, inéluctablement, sera perdu.
Texte de Thibault Poiron.

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